Immigré !

Immigré, j’ai marché de long mois

Eu peur, chaud et froid.

J’ai traversé des déserts…

Je vais vers la grande rivière

Que beaucoup appellent « la mer. »

Là-bas, de l’autre côté, il y a de l’espoir,

De l’argent sur les trottoirs.

Les autochtones sont souriants,

Accueillants, de bons vivants.

Pour vivre tous les jours

Comme eux, à mon tour

Je garde des forces.

Je sais, j’ai de la chance,

Malgré toutes mes ignorances,

Mes nombreuses offenses.

Je marcherai encore, après-

Quoi, je nagerai sans regret

Pour quitter cette terre de misère,

Où rugit les assauts de guerres,

Les crimes vengeurs,

Les agresseurs d’humeurs,

Toutes les magouilles politiques,

Industrielles, scientifiques,

Les traques des boucs émissaires

Et de tous les contestataires.

J’ai marché de long mois

J’ai traversé des déserts…

Je vais vers la grande rivière

Que beaucoup appellent « la mer. »

Passée cette limite, sans doute

Trouverai-je une écoute,

Un accueil humain salvateur,

Auprès de d’autres frères et sœurs.

Beaucoup sont morts

A cause du mauvais sort,

En traversant les contrées

Dangereuses, mal famées.

La force qui m’apporte l’espoir

M’immunise contre le désespoir,

Contre la peur de ne plus avancer,

De me trouver empêché, retardé,

A cause de la maladie, la fatigue,

Les militants de toutes les ligues

 Combatives, esclavagistes, inhumaines,

Pour nous contrôler, nous mettre des chaînes ,

A nos corps, à nos esprits,

Nous entourer d’intempéries.

Pour vivre tous les jours

Comme eux,  à notre tour

Je garde des forces.

Je sais, j’ai de la chance,

Malgré toutes mes ignorances,

Mes nombreuses offenses.

Je suis toujours debout

Malgré toute ma tristesse,

J’irai jusqu’au bout

De mon projet de reconstruction

D’une existence sans tension.

Je n’oublie pas ma famille.

Pour elle, je ne suis pas tranquille.

Je souhaite seulement qu’elle vive

Et passe au travers des dérives,

Qu’infligent à toutes nos régions,

Contre tous les ensembles des populations,

Une dictature du silence, de la crainte,

Même si toutes les personnes sont vigilantes.

Lorsqu’elles savent qu’elles ne pourront  s’enfuir

Aller vivre ailleurs,elles aussi enfin partir,

Pour l’étranger, changer complètement d’horizon,

Rencontrer d’autres cultures, de nouvelles populations…

 

Immigré, j’ai marché de long mois

Eu peur, chaud et froid…

J’ai traversé des déserts…

Je vais vers la grande rivière

Que beaucoup appellent « la mer. »

écrit par T.D. le 21/07/17-31/08/17.

4 réflexions au sujet de « Immigré ! »

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