Que sous la couette…

Monologue

_ Je dors sous la couette… Je ne montre mon corps à personne, dit-elle.

_Même à ton amant ? Questionnent ses amis.

_Pour cela, répondit-elle, mon amant, s’il veut goûter mon corps de ses yeux ; de ses mains ; de sa bouche ; de tout son corps ; il faut qu’il vienne me rejoindre sous la couette.

_Sous la couette seulement?

_Rien que sous la couette, qui est très douce, soyeuse. C’est ça ou rien !

J’ai horreur de montrer mon corps en pleine lumière. Comprenez-vous cela ?

Puis la dame rajoute avec une certaine complaisance intriguante :

_Une oeuvre d’art, c’est fragile. La lumière crue ou électrique, cela détruit les pigments.

_Alors, jamais il ne pourra te photographier nue ? interrogent ses amis.

_Bien sûr que si, mais sous la couette et nul part ailleurs !

_Sous la couette, sans flashe cela est impossible ?

_Je ne vous le fait pas dire ! Je suis une oeuvre inédite et pas facile d’accès.

_Mais expliquez moi, vous sortez bien dehors ? Vous vous exposez au grand jour, à la lumière du soleil ?

_Oui, mais là, je suis habillée et pas nue. Sous la couette, je dors nue, mais dans la journée, visible par tous, je suis vêtue.

_Alors, si je vous comprends bien , la couette représente le cocon protecteur, pour vous ?

_Bien sûr que non ! Le cocon, c’est mon corps, pour l’accueil de mon amant. Je veux qu’à son réveil, le devoir accomplit, il se transforme, non pas en une chrysalide, puis un papillon, mais en un être heureux, bien vivant à mes côtés nu sous la couette.

_Et si un jour, votre amant vous demande de vous montrer nue au grand jour ?

_Vous plaisantez, dites-moi ?  On n’expose pas une oeuvre comme moi ; aux U.V ; aux rayons X ; aux ultra violets. A moins que quelqu’un veille la mort de l’art !

_Même par amour, aucun changement ?

_Et bien, par amour, il acceptera de respecter ma volonté, mes désirs. L’espace temps des câlins, ne peut que se passer sous la couette. C’est cela et rien d’autre !

_C’est votre dernier mot ?

_Exactement !

_Et le jour où il n’y aura plus de couette, comment ferez-vous ?

_Ce jour là, il est tellement lointain, que je n’y apporte aucune attention. Maintenant, vous allez m’interroger encore longtemps ? Vous me fatiguer ! Vos questions stupides m’ennuient. Chacun est libre de ses choix. Celui à qui cela ne convient pas, qu’il ne cherche donc pas à me fréquenter. Voilà tout ! De toutes les manières, il y a tellement de mémoire dans les fibres d’une couette, tellement de souvenirs, de sensations qui sont enregistrées en ondes bienfaitrices, en molécules d’effluves, que même seule…

_Ça alors, votre réaction est incroyable ! Vous n’avez pas besoin de la présence d’un homme ?

_Ce n’est pas moi qui le dit ! C’est vous qui formulez, cette affirmation !

écrit par Egza le 19/03/2003.

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